Entre cadre de vie, rencontres et projet perso, son témoignage illustre pourquoi le travail saisonnier continue de séduire de nombreux jeunes.

Pendant que certains cherchent où partir en juillet, Raphaël, lui, sait déjà où il sera : derrière le comptoir de la crêperie familiale, à Beg-Meil, dans le Finistère.
À seulement 22 ans, cela fait déjà quatre étés qu'il enfile son tablier pour accueillir les vacanciers. Un choix assumé, loin de l'image du "petit boulot d'été" subi.
« Ce que j'aime, c'est être en mouvement et discuter avec les clients », explique-t-il au Télégramme.
Pour lui, la saison coche toutes les cases. Elle lui garantit un revenu avant de lancer son projet d'entreprise dans la finance, mais lui permet aussi de profiter de l'été... autrement.
Parce qu'ici, les journées se terminent souvent à la plage. Les collègues deviennent des amis. Et les rencontres s'enchaînent au rythme des services.
« Ici, on est toujours en vacances et j'ai la chance d'y travailler. »
Une phrase qui résume à elle seule ce qui attire encore des milliers de jeunes vers les emplois saisonniers.
Longtemps considéré comme un simple moyen de gagner un peu d'argent, le travail saisonnier répond aujourd'hui à d'autres attentes.
Les jeunes recherchent évidemment un salaire, mais aussi une expérience, une ambiance, un cadre de vie et des rencontres. Travailler au bord de la mer, en montagne ou dans une station touristique permet souvent de conjuguer emploi et qualité de vie.
Raphaël en est l'illustration parfaite. S'il quittera la restauration à la rentrée pour s'installer à Rennes et développer son projet entrepreneurial, il considère ces saisons comme un véritable investissement pour son avenir.
Service client, gestion du stress, travail en équipe, sens de l'organisation... autant de compétences acquises au fil des étés et qui lui seront utiles bien au-delà de la restauration.
Le parcours de Raphaël intervient dans un contexte particulier. En France, le marché de l'emploi ralentit : le volume global des offres a reculé de plus de 20 % en un an.
Pourtant, les emplois saisonniers résistent.
Selon les dernières données d'Indeed Hiring Lab, les offres de jobs saisonniers restent quasiment au même niveau qu'en 2025, portées par une saison estivale où les Français privilégient davantage les vacances dans l'Hexagone. Le tourisme représente aujourd'hui près de 8 % du PIB français, et l'hôtellerie-restauration demeure le premier secteur recruteur pour les emplois saisonniers, avec une offre sur cinq publiée dans la restauration.
La Bretagne fait d'ailleurs partie des territoires où les besoins restent particulièrement élevés, notamment dans le Finistère, où se situe Beg-Meil.
Si les offres sont au rendez-vous, recruter reste une autre histoire.
L'an dernier, près de 65 000 emplois saisonniers n'ont pas trouvé preneur, rappelle Indeed. En cause : la difficulté à se loger dans les zones touristiques, mais aussi des attentes qui évoluent. Les candidats ne regardent plus uniquement le salaire. Ils veulent aussi un logement, une bonne ambiance de travail, des avantages concrets et un équilibre entre vie professionnelle et personnelle.
Des critères qui expliquent pourquoi certains établissements fidélisent leurs équipes d'une année sur l'autre.
À la rentrée, Raphaël changera de décor. Direction Rennes pour développer son activité dans la finance.
Mais une chose est sûre : il ne compte pas quitter sa région.
Et si son projet prenait plus de temps que prévu ? Il ne s'inquiète pas. Avec plusieurs saisons derrière lui, il sait que les compétences acquises en restauration lui ouvriront toujours des portes.
Comme quoi, un job saisonnier peut parfois être bien plus qu'un simple contrat d'été.
_
Sources : Le Télégramme (« Ici, on est toujours en vacances : à Beg-Meil, Raphaël profite de l'été à Fouesnant avec son travail saisonnier », publié le 12 juillet 2026) et Indeed Hiring Lab France, Le marché du travail en juin 2026 : les offres saisonnières résistent au ralentissement (23 juin 2026).